REGARD REFLEXIF : les fiches academiques ultimate

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Je vous propose, dans un premier temps, que vous preniez connaissance du courrier  d'accompagnent que j'avais adressé en 2010 à l'IPR-EPS de Paris en préambule de la présentation des fiches Ultimate N1N2. Non seulement il résumait des lignes directrices pour la rédaction d'une fiche référence en générale mais, surtout, les enjeux et les nombreux écueils que j'avais pu observer à la lecture des fiches d'ultimate déjà présentes sur les sites des académies.

Quelques questions parmi bien d'autres ?

Gagner est-elle une valeur défendable et - encore plus - quand on débute une activité ?

 

Pourquoi accordées plus de points pour l'attaque que pour la défense ?

 

La contre attaque ou la vitesse n'est-elle pas contre productive (donc pédagogique) lorsque l'on observe les réalisations en début d'apprentissage ?

 

La spécificité réglementaire doit-elle être introduite au départ pour ne pas déformer l'esprit du jeu ?

 

Une fiche est-elle un outil uniquement à mission d'évaluation ou est-elle aussi un outil de formation pour les enseignants généralistes, c'est-à-dire non expert de l'activité ?

 

Un cadre de présentation commun n'est-il pas aussi un facteur limitant la presentation / compréhension ?

 

Le choix d'un vocabulaire généraliste "sport co" est-il toujours pertinent et facilitant pour la compréhension de l'activité ?

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... A travers quelques énoncés qui sont empruntés aux fiches académiques (N1/N2) et des commentaires pour alerter et aller plus loin?

Gagner ou ne pas gagner : faudrait savoir ? Jeu propre ?

L’auto-arbitrage n’existe pas officiellement en ultimate 

Présentation et adaptation des règles du jeu : le marcher, le non contact, le compte

Le vocabulaire qui n’apprend pas ?

La technique, énoncée de façon décontextualisée, induit en erreur et n’apprend pas : réception du frisbee.

Principes d’action non pertinent : jouer rapidement (N1), le passeur commande le démarquage de l’AT (N2).

La pertinence d’une passe : à définir-construire avec précaution-précision ?

Choix des techniques à évaluer : ambitieux ?

Il n’y que des temps forts en ultimate… quand on joue.

A quand les rituels ?

Gagner ou ne pas gagner : faudrait savoir ! Jeu propre ? anired02_up.gif

Enoncé : « Est capable de se détacher de l’importance du gain du match pour tenir son rôle de joueur-arbitre, le plus objectivement possible pour un jeu propre dans l’esprit du « Fair-play » ». (Extrait fiche N2)

Commentaires : il y aurait bien des choses à dire sur à la fois le contenu et la formulation alambiquée. Alors qu’au niveau 1 le gain du match est mis en avant, voilà qu’au niveau 2 il faut s’en détacher. Un peu difficile à saisir pour un jeune. L’expression jeu propre me paraît ambigüe et n’aide aucunement à comprendre ce que doit être le jeu. Quant à l’esprit fair-play… c’est une notion qui doit se construire à partir de ligne directrice élaborée par les joueurs eux-mêmes. Par exemple : es-ce que influencer positivement le climat du groupe qui joue participe à ce « fair-play » ? Si oui, comment concrètement influencez-vous ce climat ?

L’auto-arbitrage n’existe pas officiellement en ultimate.  anired02_up.gif

Enoncé 1 : « L’auto-arbitrage : appliquer et faire appliquer dans le jeu… ». (Extrait fiche   Besançon N1)

Commentaires : si les joueurs doivent se discipliner chacun pour jouer dans les règles – c’est bien le minimum que l’on attend d’eux pour qu’ils puissent jouer ensemble le même jeu (quel que soit le jeu pratiqué) - seul le co-arbitrage peut commander l’arrêt ou non du jeu (cf. règlement). L’auto-arbitrage n’est donc pas une règle instituée – au sens réglementaire du jeu. Le co-arbitrage oui.

Enoncé 2 : « Reconnaît honnêtement sa faute afin de permettre au jeu de reprendre rapidement ». (Extrait fiche    N1).

Commentaires : et s’il ne reconnaît rien en n’est-il moins honnête que celui qui signale la faute ? Personne (et j’inclue évidemment l’enseignant) n’a pas le pouvoir d’identifier ce que pense l’autre ni son état d’esprit. Tout au plus est-il possible de faire des hypothèses. Il ne s’agit pas ici d’affirmer ou non l’honnêteté mais de vérifier si dans une situation de désaccord (situation que le règlement intègre dans son code du jeu), le jeune a  les ressources d’appliquer ce qui est prévu dans une telle situation.  

Présentation et adaptation des règles du jeu : le marcher, le non contact, le compte. anired02_up.gif

Enoncé 1 : «  Le règlement : - l’interdiction de marcher avec le disque en main ». (Extrait fiche    N1)

Commentaires : - cette règle  ainsi formulée risque d’induire en erreur ceux qui pratique un des sports co où une règle du marcher existe car, le plus souvent, un nombre d’appuis ou de pas est désigné pour repérer le marcher. Or ce n’est pas du tout le cas en ultimate au moment où le joueur réceptionne le frisbee alors qu’il est toujours en en mouvement (à l’arrêt il ne peut que pivoter). Une formulation facilitante et plus proche du jeu serait : s’arrêter le plus tôt possible sans changer de direction après la réception  car il n’est nulle part précisé dans le règlement un nombre quelconque de pas ou une distance pour s’arrêter. Ils sont laissés libres d’interprétation par les joueurs.

Commentaires : c’est une erreur que l’enseignant se focalise chez le débutant sur la présentation des cas de figure de la règle du marcher et surtout indiquer un chiffre un nombre. Qu’importe si le lanceur piétine sur place en essayant de s’échapper du marqueur (le DEF qui surveille le lanceur) du moment qu’il le fasse sur place (le pivot est un vrai apprentissage). Cela ne créera pas un avantage pour le lanceur. Qu’importe si le réceptionneur met 2,3, 4, 5 pas pour s’arrêter (cela dépend de tellement de facteurs : sa vitesse au moment de la réception, de sa capacité à s’arrêter…). Cela ne constitue pas, à ce niveau un avantage ? (cf réglement adaptation péda.)

Enoncé 2 : « Le règlement : le non-contact : défense à distance de bras … ». (Extrait fiche    N1)

Commentaires : cette règle n’existe pas telle qu’elle dans le règlement fédéral. La distance réglementaire est un diamètre de frisbee (pour permettre au lanceur de pouvoir pivoter avec le frisbee en main). Il s’agit donc ici de préciser que c’est une adaptation réglementaire et non le règlement. Au quel cas, le risque - au-delà de la pertinence de ces adaptation réglementaire - est de donner une fausse information aux enseignants qui ne connaissent pas l’activité.

Enoncé 3 : « Exercer une pression temporelle face au porteur en comptant les secondes (10’’) à haute voix ». (Extrait fiche    N1)

Commentaires : cette règle ne doit être introduite qu’à partir du moment où le lanceur a totalement intégrer qu’on ne peut pas lui prendre le frisbee quand il le tient ; qu’il n’est plus sur une dynamique spontanée initiale du débutant de jouer précipitamment. Dans un niveau 2, elle aurait tout à fait sa place. Officiellement c’est 8 secondes en jeu indoor et 10 en outdoor.

Le vocabulaire qui n’apprend pas ? anired02_up.gif

Enoncé : « PF : Donner à un NPF libre vers l’avant (utiliser un partenaire relais) pour faire progresser le frisbee, transmettre au réceptionneur dans la zone d’en but » (Extrait fiche  N1)

Commentaires : dans le règlement fédéral, le PF est officiellement désigné par le vocable lanceur. Le NPF par attaquant. Pourquoi ne pas commencer dès le niveau 1 à informer enseignants comme élèves de spécificités propre à l’activité ?

La technique, énoncée de façon décontextualisée, induit en erreur et n’apprend pas : réception du frisbee. anired02_up.gif

Enoncé : « Attraper le disque prioritairement à deux mains, une au dessus et une au dessous ». (Extrait fiche  N1)

Commentaires : voilà la meilleure façon de passer à côté de principes directeurs. Essayez donc d’attraper le frisbee au niveau de la tête en technique « croco »… Ne rater pas votre coup sinon c’est le frisbee directe en pleine figure. Essayer donc de l’attraper au dessus de la tête en technique « croco »… Quant à attraper un frisbee qui se trouve sur une trajectoire basse ou trop éloigner de vous sur le côté…. La technique « coin coin » est aussi à introduire. Le vrai apprentissage, au-delà la technique, est d’apprendre dans quelle situation l’une ou l’autre est appropriée. 

Principes d’action non pertinent : jouer rapidement (N1), le passeur commande le démarquage de l’AT (N2). anired02_up.gif

Enoncé 1: « Etre réactif quant à la relance du jeu, au turn-over et proposer rapidement des solutions de contre-attaque » (Extrait fiche   Besançon N1)

Commentaires : un bon lanceur est un lanceur qui prend son temps (au niveau initiation). Réclamer de jouer « vite » dans le cas de la contre attaque est contre pédagogique par rapport à la logique interne des joueur en général qui joue déjà spontanément trop vite. Il faut du temps avant que la notion de contact visuel s’installe entre le lanceur est un AT qui désire le frisbee. Le contact visuel n’est pas un simple repérage d’une couleur de maillot mais quasiment une compréhension à travers le regard perçu (les yeux dans les yeux) que l’AT réclame la passe. 

Enoncé 2: «  Mettre son receveur en mouvement en envoyant le disque sur sa trajectoire de course » (Extrait fiche   N2)

Commentaires : dans mon expérience de joueurs ou d’entraîneur, jamais je n’ai rencontré un tel principe d’action à un cas de figure très particulier mais tactiquement logique : lorsque le lanceur est sur le point d’être compté 10 (donc de perdre la possession du frisbee) et qu’il n’a aucune solution de passe. Dans ce cas, il n’a que le choix tactique de l’envoyer le plus loin possible vers l’AV  - c’est le principe du gagne terrain) ; advienne qui pourra. Ce faisant, il l’éloigne aussi de sa propre zone de marque car il ne s’agit pas de facilité la tache à l’équipe opposée ;

La pertinence d’une passe : à définir-construire avec précaution-précision ? anired02_up.gif

Enoncé : « Effectuer des choix pertinents de passes par rapport aux possibilités offertes ». (Extrait fiche N1)

Commentaires : qui décide de la pertinence d’une passe ? Imaginons que la passe arrive dans un espace potentiel de réception avant d’un receveur mais que le receveur ne touche pas le frisbee. Cette passe est-elle plus pertinente par rapport à une celle réceptionnée dans l’espace latéral ou arrière. La pertinence d’un choix dépend-t-il du simple résultat avant tout ou de l’intention ? Ou bien l’inverse ? La logique haut niveau me fait dire que plus le niveau des joueurs augmente plus cette pertinence se confond avec l’efficacité du résultat (d’abord conserver le frisbee + le faire progresser si possible + marquer si possible). Mais est-ce bien cette logique là qui doit s’appliquer au niveau 1. En milieu scolaire, l’enjeu étant, pour un niveau 1, que les critères soient bien identifiés, identifiables par tous. Osons une proposition  qui au départ ne confondent pas précision de la passe et efficacité de la réception :

          - si un de mes élèves envoient un frisbee sur un lanceur dans une zone de réception potentielle de 16m2 (2m à droite, 2m à gauche, 2m en avant, 2m en arrière) sa passe est pertinente car potentiellement réceptionnable.

          - c’est encore mieux s’il n’y a pas de DEF à proximité du joueur.

          - c’est encore mieux si, même s’il y a un DEF à proximité…

Choix des techniques à évaluer : ambitieux ? anired02_up.gif

Enoncé : «  Effectuer des passes courtes en revers et en coup droit ». (Extrait fiche N1)

Commentaires : introduire le coup droit est sans aucun doute une chose tout à fait envisageable dès le premier niveau (voire recommandée). De là à l’évaluer…

Il n’y a que des temps forts en ultimate… quand on joue. anired02_up.gif

Enoncé : « Gérer au mieux ses capacités énergétiques en fonction des temps forts de la rencontre ». (Extrait fiche N2)

Commentaires : quand un point est en train d’être joué il n’y a qu’un temps fort et cela tant que le point n’est pas marqué. Un point qui dure plus de 3 minutes avant d’être marqué (en outdoor) est incroyablement éprouvant physiquement. Comment faire pour arriver à recharger ses batteries  dans le jeu ? Pour l’AT qu’il apprenne à « couper le moteur » dans le jeu en laissant d’autres faire des courses d’appel par ex. Pour le DEF c’est plus compliqué car s’il s’arrête de défendre, son équipe sera immédiatement handicapée.

A quand les rituels ? anired02_up.gif

Enoncé : « Chaque « capitaine » des deux équipes qui se rencontrent réalise le toass pour déterminer l’équipe qui engage ». (Extrait fiche N2) 

Commentaires : et pourquoi pas dès le niveau 1 ? Installer des rituels, c’est bon aussi.